—Ah! dit Marguerite, détendue par ces bonnes paroles et se renversant dans son fauteuil, que vous êtes aimable, quand vous voulez l'être!... Vous méritez d'être pardonné!

—Et d'être aimé? demanda Raymond, sur un ton suppliant.

—Approchez, reprit Marguerite en rougissant, et je vous le dirai.

Puis, tendant son front au jeune homme, qui y déposa un baiser:

—Bonsoir, mon ami, et dormez bien!

Ce fut le premier aveu de ces deux cœurs, qui s'adoraient déjà, sans se l'avouer franchement.

Et quelques jours s'écoulèrent dans cette intimité charmante, sans aucun incident nouveau.

Marguerite s'occupait des soins du ménage et elle employait ses longues heures de solitude à restaurer sa garde-robe de façon à se procurer une mise presque élégante, quoique simple.

Cependant la mère Lafeuille avait tenu parole et, un soir, Marguerite eut la satisfaction d'annoncer à son ami qu'elle avait une leçon.

Puis, peu à peu, son talent musical lui fit une réputation... Elle parvint à recruter un noyau d'élèves et bientôt elle eut l'orgueil d'apporter dans le ménage de celui qu'elle appelait son frère, une quote-part égale, sinon supérieure à celle de Darcy.