Les formalités relatives au décès de Pastouret furent remplies dès le lendemain par le docteur Marsay, qui en consigna la cause et les circonstances dans le rapport nécessaire pour obtenir le permis d'inhumer.

L'instituteur communal de Besson ayant reçu la déclaration en sa qualité de secrétaire de la mairie, on prépara tout pour la cérémonie.

Le curé avait voulu revoir son ex-paroissien une dernière fois, et il s'était rendu au château en habit d'officiant, un peu avant l'heure où on cloua le cercueil.

Puis, la croix en tête, tandis qu'au loin, dans le clocher neuf, tintait le glas funèbre, l'humble convoi se mit en route, suivi par le baron, à pied et tête nue, par le personnel de Bois-Peillot et quelques voisins, enfin par Jacques de Guermanton, qui payait toujours de sa personne dans les occasions où il y avait quelque bon exemple à donner aux riches et quelques consolations à offrir aux pauvres.

Au champ d'asile, quand la bière fut à sa place et que le moment de rejeter la terre fut venu, le baron s'approcha du bord de la fosse et dit:

—En face des quelques personnes présentes et surtout des travailleurs de cette commune, dont plusieurs se sont associés spontanément à cette triste réunion, je voudrais dire ce qu'a été Pastouret et quels regrets il emporte... Mais une émotion comprise par tous me gagne au souvenir du deuil que j'ai conduit, il y a trois ans, et auquel Pastouret assistait en larmes... Une pierre que je fais préparer relatera la probité de cet obscur serviteur et perpétuera sa mémoire... Adieu, pauvre Pastouret!

Tout le monde pleurait et le baron se détourna pour cacher son visage dans son mouchoir.

Après quoi, ayant salué le curé et les assistants qu'il remercia, il rejoignit Pauline, qui l'avait accompagné en voiture, et rentra à Bois-Peillot.

Il était à peine de retour, quand un homme couvert de sueur arriva en courant dans la cour du château:

—Monsieur le baron, le feu est à votre grange de Sainclair!