LE MERLAN., les dents serrées.—V'là un mot de trop, la Carcasse!
LA CARCASSE.—De quoi, v'là un mot de trop? Il avait deux cents balles dans sa poche, mon vieux, et vous y avez secoué son porte-monnaie! A moins que ce soit moi.... C'est peut-être bien moi... au fait!
LA TERREUR.—Pourquoi pas?
LA CARCASSE.—Ah! mais non, tu sais!... Putain, tant qu'on voudra! Et encore pas pour toi, entends-tu, la Terreur! Putain, mais pas voleuse! A preuve, le Marin, mon ancien amant! Tant qu'il est resté bon fieu, ça a été! Mais le jour qu'il est venu me trouver et qu'il m'a dit:—«La môme, je te gobe, si tu veux, on va prendre une chambre ensemble, tu feras le turbin et pour l'argent on s'arrangera!» J'en ai eu assez!... Le jour qu'il est venu me trouver pour faire un coup, j'en ai eu de trop!... Je mange pas de ce pain-là! Y ne m'en faut pas de camelotte à moi! J'peux pas souffrir les pègres!
TOUTE LA TIERCE... Y PASSERA
LE MERLAN.—Quand t'avais pus le rond, t'étais bien aise de palper ses pièces de vingt balles, au Marin!
LA CARCASSE. —Mais j'savais pas d'où qu'elles devenaient!.. D'abord toi, le Merlan, t'étais son ami, son poteau! Tu passeras en jugement comme lui! As pas peur, j'vas m'occuper de toi et pas plus tard que demain, au bureau du quart d'œil.... Le porte-monnaie du vieux se retrouvera, crains rien! Viens, mon oncle, t'as pus le rond, eh ben! c'est moi qui vas casquer!
LE PATRON.—En v'là assez, n'est-ce pas? Encore une fois, j'veux pas de disputes chez moi! Allons, oust!