Ponctuée dans ses passages saillants par les applaudissements significatifs du public, cette profession de foi a valu à Oscar Méténier un succès qui frisait le triomphe. Ce triomphe s'est retrouvé au reste pendant la représentation de La Casserole, le corollaire de la conférence donnée par l'auteur.
Cet acte d'une vérité puissante, brutalement conçu sur un tableau vécu, sans trame, sans intrigues, sans entrées ni sorties scéniques puant la banalité des vieux refrains admis, a empoigné vigoureusement le public. Une scène de mœurs, âpre, sinistre par son milieu, sinistre par son action d'une simplicité cruelle. Avec son éclectisme d'homme de théâtre, Méténier n'en a pas moins su, tout en respectant les formules nouvelles, choisir ses effets scéniques,—et l'on est resté stupéfait, haletant, devant ce tableau vivant, génialement exact!...
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Faut-il dire qu'artistes et auteur ont été ovationnés triomphalement? Et faut-il dire aussi que le théâtre libre, le théâtre vrai, le théâtre de l'avenir a fait une glorieuse étape de plus? A M. Méténier et à la vaillante troupe du théâtre Molière la gloire d'avoir remporté cette victoire nouvelle!
(La Lutte, de Namur)
M. Méténier, l'auteur de la Casserole, a fait sa conférence, nourrie d'idées et de souvenirs personnels, sur «les voyous dans la littérature».
M. Méténier, avant de s'adonner entièrement à la littérature, a été secrétaire de différents commissariats de police de Paris, notamment dans les quartiers excentriques de Belleville, Grenelle et la Roquette.
Il y a appris à connaître le peuple et à l'aimer; à l'aimer malgré ses vices, car le peuple est franc et sincère dans ses vices, alors que le grand monde, sous le couvert de ce qu'il est convenu d'appeler la morale, ajoute à ces mêmes vices l'hypocrisie.
Le conférencier a expliqué ainsi la prédilection qu'on retrouve dans ses livres pour une certaine classe de la population.
M. Méténier a été vigoureusement applaudi.
La Casserole, qu'on jouait ensuite, est une pièce en un acte; les situations sont très osées, la scène se passe dans un monde d'escarpes et de filles perdues, les mots sont quelquefois très raides, mais tout est justifié: cette pièce, au fond, est d'une moralité âpre et austère.