Après quatre jours, je n'avais pas de réponse.
Nouveau voyage rue de Valois. Je demande ce qu'il y a de nouveau.
—Nous ne savons rien... Nous sommes comme vous. Notre rapport favorable, comme nous vous l'avons promis, est parti chez le ministre. Il n'est pas revenu.
Et c'est alors qu'on m'expliqua la filière.
Il y a quatre censeurs au bureau des théâtres. Ils lisent tout ce qu'on leur apporte et rédigent un rapport qu'ils adressent à un employé supérieur qu'on appelle, je me demande pourquoi, Directeur des Beaux-Arts. Puis, de là, ce rapport va chez le ministre, qui décide.
Vous voyez que ce n'est pas une petite affaire.
S'il n'y avait qu'à plaire aux quatre censeurs, ce serait chose facile. Ce sont des hommes mûrs, bienveillants, très lettrés, aimables. Quelques-uns appartiennent à la presse. Ils jugent sainement les choses et apportent généralement dans l'exercice de leurs fonctions délicates beaucoup de tact et un grand désir de conciliation. J'ai le plaisir de connaître personnellement deux de ces messieurs et je n'ai jamais eu qu'à me louer des bons rapport que j'ai eus avec eux. On est toujours sûr de s'entendre, lorsqu'on ne veut pas être trop intransigeant.
Ce qu'on ne sait pas assez, c'est qu'ils n'ont que voix consultative. Aussi supportent-ils très injustement la peine de leurs fonctions. C'est toujours sur leur dos qu'on frappe et ils n'en peuvent mais.
On a beau leur avoir plu, ils ont beau être bien disposés pour vous, il faut encore plaire à l'Autre, celui de l'étage au-dessous, le Monsieur qui dirige. C'est celui-là le vrai coupable, l'empêcheur de danser en rond, le baudet sur lequel on ne devrait jamais se lasser de crier haro!
Bref, les pauvres censeurs étaient fort désolés de voir que tout leur bon vouloir ne pouvait me servir, et comme je leur objectais que j'étais pressé: