—Te tairas-tu, sale bête! Te tairas-tu!

Puis, prenant rapidement une résolution soudaine, il l'entraîna du côté de la ménagerie, sans un mot.

Il marchait vite, soutenant ou plutôt traînant après lui la malheureuse qui trébuchait à chaque pas.

Arrivé et sa caravane, il lui fit monter les marches, ouvrit la porte et brutalement, il poussa à l'intérieur la jeune femme qui tomba à la renverse sur le plancher de la voiture.

Alors, donnant enfin un libre cours à sa fureur, dans l'obscurité, il s'acharna sur sa victime, la piétinant, la frappant sans mesure, sans relâche, comme il frappait ses bêtes, quand elles refusaient d'obéir.

Fatigué enfin de frapper, sur ce corps inerte, qui n'opposait aucune résistance, il alluma une bougie, releva la pauvre Amélie et la jeta sur le lit.

—Je pense maintenant que tu seras corrigée de t'occuper de ce qui ne te regarde pas... Y en a autant pour toi chaque fois que ça t'arrivera!

Il ressentait pour la misérable une haine féroce, la rendant responsable de tout ce qui lui arrivait de désagréable, se vengeant sur elle, qui n'offrait aucune défense, de la sujétion dans laquelle il était inconsciemment maintenu d'autre part.

Il vengeait sur elle son autorité perdue comme s'il eût été heureux de saisir cette occasion de se prouver à lui-même qu'il était resté le maître.

Et il était aidé, poussé dans cette revanche par la passion sensuelle que Louise Tabary avait su faire naître et savait si bien entretenir au fond de son coeur.