Il s'étonna lui-même de cet excès de sensibilité. Pour la première fois, il se sentit la force non pas de rompre avec Louise, mais d'apporter dans ses relations avec elle une discrétion dont lui saurait gré la pauvre Amélie, habituée à moins de ménagements...

C'est dans cet état d'esprit qu'il se rendit le soir a l'heure habituelle dans la caravane de Louise, non sans inquiétude toutefois.

Comment sa maîtresse accueillerait-elle la résolution qu'il venait de prendre?

Consentirait-elle à cette sorte de partage, elle dont l'amour s'était toujours montré si exclusif.

Dès les premiers mots que hasarda timidement le dompteur, il sentit s'envoler toute appréhension.

Louise Tabary se répandit en condoléances.

Comment! cette pauvre Amélie était si malade que cela! Oh! voilà bien ce qu'elle avait redouté dès les premiers jours! Elle allait être la cause, peut-être, de la mort de la pauvre femme! Elle ne se le pardonnerait jamais!

Pourquoi fallait-il que sa situation fausse l'empêchât d'aller la soigner, la dorloter!

Elle aurait eu tant de joie à lui faire oublier le mal qu'elle lui avait fait! Bien innocemment, hélas! et toute la faute en était à son bête de coeur, dont elle n'avait su refréner les élans!

Ah! cette idée la rendait réellement malheureuse... et elle espérait bien que François allait faire son devoir.