De plusieurs journaux on était venu interroger Jean Tabary qui, heureux de la réclame dont allait bénéficier l'établissement, s'était prêté très complaisamment aux interviews.

Des camelots parcouraient les rues, des feuilles sous le bras, criant:

DEMANDEZ LE TERRIBLE ACCIDENT
DE LA MÉNAGERIE CHAUSSEROUGE
Derniers détails!—Cinq centimes!

Dès le lendemain, la ménagerie fut littéralement envahie. On venait demander des nouvelles du dompteur. On voulait voir Néron. Jean Tabary résolût alors d'ouvrir au public les portes de l'établissement.

Pour une somme modique, on était admis à visiter les animaux et plusieurs fois par jour, l'explicateur donnait les mêmes détails qu'aux représentations ordinaires.

La foule stationnait longuement devant la cage où gisait le lion blessé.

Au bas de cette cage, on avait accroché une large pancarte, portant ces mots:

NÉRON
LION DE L'ATLAS
qui le 7 avril a failli dévorer le dompteur Chausserouge.

Après le récit émouvant que faisait de la lutte l'adroit bonisseur, les assistants se retiraient pour faire place à de nouveaux curieux.

—Quel dommage! dit Jean Tabary à sa mère, que nous n'ayons personne pour faire une entrée de cage!... C'est toujours notre chance... Si, comme j'en ai eu l'idée un moment, j'avais appris le métier...