—Bon!... je voudrais le voir...

Et Chausserouge, après avoir félicité le jeune homme, le retint près de lui, lui donna diverses explications, des conseils sur la manière de traiter tel ou tel pensionnaire et d'en tirer la plus grande somme possible d'obéissance.

Il le félicita sur le courage qu'il avait montré en acceptant une si périlleuse succession, et Giovanni laissa le dompteur si content de ses réponses que celui-ci félicita presque Jean de son initiative.

—Si tu m'avais consulté, j'aurais probablement refusé et je confesse que j'aurais eu tort. Ce garçon me plaît beaucoup.

Puis il retomba dans ses pensées profondes qui l'absorbaient des journées entières, ne retrouvant la parole que pour demander des nouvelles de la recette ou du lion blessé dont l'état ne s'était pas aggravé.

Enfin, un jour, comme s'il eut cédé à une secrète préoccupation, il appela à lui Louise et Jean Tabary.

—Écoutez, dit-il, je crois qu'il est temps maintenant d'assurer sur des bases régulières notre association. Dans la situation actuelle, cela n'étonnera personne.

Et comme ses deux interlocuteurs se récriaient, déclarant qu'on avait bien le temps d'y penser.

—Non! non! insista le dompteur, on ne sait ni qui vit ni qui meurt! Vous le voyez bien, après ce qui vient de m'arriver, à moi, qui depuis plus de quinze ans que j'exerce le métier, n'ai jamais attrapé une égratignure... Si Néron revient à la vie et qu'il ait un remords de conscience, je serais capable de n'être plus aussi heureux et puis, je ne sais pas... mais je ne me sens pas tranquille... Je tiens à ce que nous régularisions les choses.

Il s'interrompit un instant.