Giovanni saisit une fourche, suivi de Jean Tabary; il courut à la ménagerie, passa derrière la toile et se mit en devoir de pénétrer dans la cage.

Mais avant qu'il eût eu le temps d'ouvrir la porte, Néron s'était précipité, et, debout contre cette porte, passant ses pattes énormes à travers les barreaux de fer, il s'efforçait, en grondant, d'atteindre le jeune homme.

Zézette était toujours debout, tranquille au milieu de la cage, son éponge à la main.

—Mais c'est stupide, monsieur Giovanni, dit-elle d'un ton très calme, vous voulez donc vous faire boulotter... Puisqu'on vous dit qu'il ne veut plus voir les hommes depuis que mon père a failli le tuer!...

—Mais vous, mamz'elle Zézette?...

—Moi?... Il n'y a aucun danger... Il me connaît, et j'ai des jupons!

Et elle revint vers le lion avec une telle assurance que Giovanni en resta confondu. Il se retira et passa dans la ménagerie.

Néron, la crinière toujours hérissée, le suivait de l'oeil.

—Ne vous montrez pas, dit Zézette, ça l'excite... et laissez-moi faire...

Elle s'approcha de l'animal, le caressa doucement, le fit s'étendre à terre et elle continua, très calme, son pansement, comme elle l'avait vu faire pendant les premiers jours de la maladie.