—Néron! ici, Néron!
Elle s'était presque précipitée sur le fauve, l'avait saisi par la crinière et de toute la force de ses petits bras, elle le tirait, s'efforçant de l'arracher de dessus le corps quasi inanimé de son père, mais en vain...
L'imminence du danger décuplait ses forces. Elle criait d'une voix étranglée:
—A moi! à moi! au secours! Giovanni!
Mais l'écho seul répondait à sa voix et le lion n'abandonnait pas sa proie. Enfin, à bout d'expédients, n'en pouvant plus, elle se jeta en travers sous les pattes et sous la gueule de la bête furieuse, couvrant de son corps le corps de son père.
Néron renifla un moment, hésita en reconnaissant sa petite amie et se recula en grondant.
Elle se releva alors, le suivit et le força à se coucher.
—Lève-toi! papa! Lève-toi donc et sors!
Mais Chausserouge restait immobile. En ce moment, Tabary accourut, suivi de sa mère.
Il avait suivi de loin les péripéties de la lutte sans se rendre compte exactement de l'issue définitive; mais les cris de la petite fille l'avaient averti de la victoire du fauve.