—C'est tout naturel, déclarait le naïf Charlot, de la même façon que toi, tu écoutes les vieux messieurs qui viennent t'applaudir dans ton entresort... les lutteurs de chez Bertrand laissent dire ceux qui s'intéressent à leurs exercices... et à eux... C'est aussi naturel ici que là... puisque c'est le métier qui veut ça... Seulement, on en prend que ce qu'on veut bien en prendre... Moi, on m'offrirait tout au monde... Rien ne vaudra jamais ma petite Fatma... et rien ne la remplacera!...

Ce couple étrange, d'une honnêteté et d'une naïveté bizarres, s'était pris d'une affection extraordinaire pour Zézette.

Charlot, que tous les exercices de force et que la bravoure enthousiasmait, parlait avec l'enfant amicalement, discutant comme avec une grande personne.

N'avait-elle pas fait ses preuves, malgré sa jeunesse, et ne pouvait-elle pas rivaliser avec lui?

S'il enlevait à bras tendu des poids de cinquante, des haltères de cent kilos, elle entrait, elle, sans broncher dans la cage de fauves réputés indomptables!

Elle avait révolutionné Paris, mis la presse en mouvement à la suite de son prodigieux exploit avec Néron!

Cela suffisait pour lui faire concevoir un respect énorme pour cette gamine étonnante.

Zézette rendait à Fatma et à Charlot l'amitié qu'ils lui montraient.

Aussi, quand il s'agit de régler sa situation, n'hésita-t-elle pas, dans son besoin d'expansion, à se confier à eux.

—Voulez-vous que je vous dise, leur raconta-t-elle confidentiellement, eh bien! je connais les Tabary comme personne! Ce sont des gens dont il faut se méfier... Je les tiens à l'oeil!... Vous verrez quand je m'y mettrai! Si j'ai jamais besoin de vous, puis-je compter sur votre aide?