Il se leva, se promena un instant très agité, puis, brusquement:
—Après tout, dit-il, si elle sait quelque chose, à propos de Vermieux... il n'y a pas de preuves... Je m'en fous! Mais si c'est cela, qu'elle fasse attention à elle!...
—Pas d'imprudence! interrompit la mère Tabary, laisse-moi réfléchir et après... je trouverai peut-être un moyen...
Dès le lendemain, Jean Tabary recevait la visite d'un des forains, qui avait été choisi pour composer le conseil de famille.
Zézette était allé se plaindre à lui. Il eut une longue conférence avec le jeune homme, lui exposa qu'il valait peut-être mieux ne pas se mettre à dos sa pupille et garder le lion.
Après tout, si vingt mille francs étaient une somme bonne à encaisser, la ménagerie, en perdant Néron, un lion célèbre, perdait une attraction unique.
Il fit si bien qu'il persuada Jean de ne pas donner suite à son projet.
Le jeune homme se résigna, mais jura de prendre sa revanche. Ce fut Louise qui lui en fournit l'occasion, à bref délai.
Un jour qu'elle venait d'avoir une violente discussion avec une de ses pensionnaires, et que cette dernière, poussée à bout, avait quitté l'entresort, elle conçut l'idée de la remplacer par Zézette.
Comme elle s'attendait de la part de l'enfant à une résistance sérieuse, elle résolut de la brusquer.