La vieille mère se montra plus forte. Après l'abattement du premier moment, elle se releva plus courageuse, plus fataliste que jamais.

—Ainsi l'a voulu la destinée! disait-elle.

Et elle lui montra le petit François, dont l'éducation restait à faire.

C'est pour celui-là que maintenant il allait falloir travailler.

Le père, désolé, prit l'enfant dans ses bras et tout en conservant gravé éternellement dans son coeur le souvenir de sa chère Maria, il reporta sur l'être chéri, dont la venue tant désirée avait coûté si cher, toute l'affection dont il était capable.

Il se remit au travail avec plus d'acharnement que jamais, voulant oublier; il se plut aux exercices les plus audacieux, tels qu'il n'aurait pas osé les tenter auparavant, et il dépassa en prouesses les dompteurs les plus fameux.

Il se lançait avec une sorte de furie dans les aventures les plus hardies, étonnant par le stoïque mépris de la mort, le sang-froid avec lequel il s'exposait au danger.

Quelques jours avant la mort de sa femme, il avait reçu d'un marchand d'animaux deux superbes tigres royaux adultes, qu'il avait baptisés Jim et Toby.

Personne n'avait encore osé pénétrer dans leur cage et chaque jour il remettait au lendemain cette dangereuse expérience.

Un soir, qu'il venait de terminer différents exercices dans la cage centrale, devant une assistance nombreuse, il eut l'idée, soudain, d'affronter les deux terribles fauves.