—Je n'ai pas de paix à faire... je veux vivre tranquille, indépendante, je l'ai déjà dit... Je ne dois rien, après tout, ni à toi, ni à ta mère... J'entends donc, toute jeune que je suis, pouvoir agir à ma guise, m'occuper de mes bêtes que je connais mieux que toi, sans subir le contrôle, ni avoir à écouter les observations de personne...
—Oui, mais alors, je peux compter sur ton silence?...
—Je n'ai d'autre désir, dit Zézette tristement, que celui de garder éternellement ce secret dans ma mémoire, ne serait-ce que par respect pour mon père... Il n'en sortira que le jour où tu m'y auras forcé...
—Tu n'as dit à personne que?... prononça Tabary, sans oser achever sa phrase.
—Je n'ai pas à répondre... j'ai simplement pris mes précautions... Tenez seulement votre promesse... je tiendrai la mienne...
Après cette conversation, les deux Tabary, restés seuls, eurent une longue conférence.
Tandis que Jean restait sans parole, encore abasourdi par ce coup de massue, Louise réfléchissait, se demandant quelle conduite il convenait à présent de tenir.
La situation lui paraissait sans doute fort grave, car, contre son habitude, elle manquait de cette merveilleuse spontanéité de décision qui, en tant d'occasions, l'avait si bien servie.
Enfin, elle releva la tête et répondant à son fils:
—Finalement, dit-elle, tu t'es laissé refaire par une gamine! Nous voilà dans de jolis draps!