Jean abandonna alors la jeune fille; il se redressa complètement, les poings fermés, prêt à la lutte.

Mais le dompteur le prévint. D'un bond, il sauta sur cette ombre dans laquelle son instinct lui fit reconnaître Tabary.

—Ah! brigand! tu me le paieras! hurla ce dernier. Mais déjà Giovanni avait saisi son adversaire, lui serrant la gorge comme dans un étau. Les deux hommes s'enlacèrent, puis leurs pieds s'embarrassèrent dans la table renversée et ils roulèrent ensemble à terre.

On n'entendait plus que des sons étouffés, des injures à peine distinctes... Une masse vivante et indécise se tordait... sans qu'il fût possible de distinguer qui avait le dessous.

Alors Zézette sauta à terre... grâce à son exacte connaissance des lieux, elle put trouver une allumette et une minute après la scène s'éclaira.

Le dompteur avait vaincu. Il tenait sous son genou Tabary râlant.

—Avoue ton infamie! Repens-toi ou je te tue, misérable! Abuser d'une enfant!

—Laisse-le, Giovanni! implora Zézette.

—Quand je serai sûr qu'il ne recommencera pas! Et de son poing fermé il martelait la face déjà tuméfiée de Tabary.

Enfin las de cette lutte désormais inégale, il obéit. Il aida son ennemi, aveuglé par le sang, à se relever.