—Si c'est pas le moment... elle a peut-être raison. Dès l'instant que je lui dis que je l'aiderai quand le moment sera venu...

Sur le champ, on prit les dispositions les plus urgentes.

Il fut entendu que Charlot passerait désormais à la ménagerie toutes les heures que lui laisserait son service. Zézette se faisait forte de contraindre les Tabary à accepter ce contrôle.

Puis, comme il n'était pas prudent à la jeune fille de continuer à habiter seule dans une caravane isolée, où elle restait en butte à de pareilles tentatives; que, d'autre part, cette caravane était trop étroite pour donner asile à trois personnes, il fut entendu que la fille de Chausserouge irait demeurer rue Cler, dans le petit hôtel meublé où Charlot avait élu domicile.

C'est là que chaque soir, Fatma, s'échappant de la tente où elle était censée passer ses nuits, allait retrouver son amant.

Dans une chambre voisine du couple, Zézette n'aurait absolument rien à craindre. De là, comme disait Charlot, et en prenant ses précautions, on pouvait voir venir.

Les deux femmes furent de retour à la ménagerie juste au moment où les garçons de piste préparaient la parade et donnaient à l'intérieur le dernier «coup de fion».

Fatma courut à son entresort et Zézette rentra dans sa caravane pour s'habiller et se préparer à paraître.

Elle y était depuis quelques minutes quand Louise Tabary y pénétra à son tour, après avoir frappé un léger coup à la porte.

Jamais elle n'avait eu mine plus pateline et plus cauteleuse.