Charlot s'avança alors doucement, monta sur une roue et jeta un coup d'oeil à l'intérieur par la petite fenêtre.

Louise Tabary avait allumé une bougie; elle s'était arrêtée devant le porte-manteau qui supportait les vêtements ordinaires de Giovanni.

Le lutteur ne put exactement se rendre compte de ce que faisait la vieille femme, qui presqu'aussitôt souffla la lumière et ressortit, non sans s'être assurée en promenant de nouveau autour d'elle un regard investigateur qu'elle n'avait pas été épiée, mais il se réserva d'avertir le dompteur de cette démarche insolite que rien n'expliquait.

La caravane appartenait à Chausserouge, mais Louise Tabary n'avait rien à y faire et sa présence à une pareille heure ne présageait pas un but honnête.

En effet, après la représentation, Charlot raconta ce qu'il avait vu à Giovanni, mais personne ne put trouver le mot de l'énigme.

—Elle aura voulu savoir, dit le dompteur, si j'avais déménagé et si son fils pouvait recommencer sans danger sa tentative récente. Elle aura été fixée, puisqu'il lui aura été possible de s'apercevoir que, non seulement je ne me disposais pas à céder la place, mais encore que tout était préparé pour vous recevoir. Donc nous serons tranquilles cette nuit... Attendons la suite!

En effet, Zézette put, toute cette nuit, reposer en paix.

Jean Tabary, absent depuis deux jours, ne se montra pas.

Le lendemain, à onze heures, Giovanni allait chercher la jeune fille pour la conduire à leur restaurant habituel quand il fut accosté par un personnage qu'escortaient deux hommes à mine suspecte.

—Vous êtes le dompteur Giovanni? dit l'inconnu.