Elle en voulait bien plus à Jean, la cause première de tous ses maux, qu'à Louise, mais Jean, retenu à la chambre, n'avait pas paru depuis deux jours.

N'importe! il fallait agir! Peut-être un hasard heureux la favoriserait-il!

Et elle descendit à la ménagerie.

L'établissement était désert. Les bêtes assoupies reposaient, étendues dans leurs cages. Mélancoliquement, le cerveau rempli de pensées, du projets contradictoires, elle marcha lentement dans la petite allée qui longe les barreaux.

En passant, elle appelait par son nom, chacun des pensionnaires, et flattant, quand ils étaient à proximité de sa main, ceux que leur bon caractère désignait à sa caresse.

Une inspiration ne lui viendrait donc pas... un moyen de se venger et de faire une éclatante justice!...

Et c'était sur ces animaux qui avaient inconsciemment servi à accomplir la plus terrible des besognes qu'elle comptait pour triompher!

Quand elle fut en face de son grand ami, du héros de tant de drames, de Néron, elle s'accouda à la balustrade et demeura rêveuse...

De nouveau son projet, ce projet qui la hantait, lui revint en tête...

Le lion, à la vue de la jeune fille, s'était levé; il se battait les flancs avec sa queue, reniflait aux barreaux et grattait le plancher avec ses ongles...