Pourtant, il n'y avait rien à craindre...
On avait tué Vermieux et nul doute n'avait germé dans l'esprit des gens de police.
Cette fois encore, sans témoins, ils attribueraient la mort de Tabary à un accident fréquent dans les ménageries.
Décidément, elle avait été faible et elle subissait aujourd'hui la peine de son défaut d'énergie.
Du coup elle eût été vengée; Giovanni n'eût pas été arrêté et, son crime eût-il été découvert, sa situation n'eût certainement pas été pire.
Quel avenir lui était réservé pendant les quatre années qui la séparaient encore de sa majorité, vis-à-vis de ses bourreaux, qui avaient pour eux la force et la ruse?
Elle en était là de ses désolantes réflexions et elle s'oubliait à caresser Néron, quand soudain la crinière de l'animal se hérissa et il se dressa debout contre les barreaux, faisant entendre un sourd rugissement.
Elle se retourna.
Jean Tabary, la face encore meurtrie, venait d'entrer dans la ménagerie.
Il avança, l'air goguenard, les lèvres plissées par un sourire mauvais.