Suivi des lionnes, la gueule menaçante, les crocs prêts à déchirer, il s'élança au-devant du nouveau venu.

Tranquillement, François se débarrassa de son fouet et marcha droit sur le fauve, qu'il saisit par la crinière, malgré ses grondements.

Puis, rassemblant ses forces, il le mit debout et le jeta à la renverse.

L'animal retomba sur ses pattes à l'angle opposé de la cage.

Un tonnerre d'applaudissements salua cette énergique entrée en matière.

François Chausserouge se tourna aussitôt vers Saïda, dont il entr'ouvrit les mâchoires, et à trois reprises il plaça son bras droit, puis son visage entre les crocs aigus de la bête.

Il s'avança ensuite sur le bord de la cage.

A son commandement, Rachel se dressa contre lui, appuya ses lourdes pattes contre sa poitrine et lui lécha la face...

Cette fois, l'enthousiasme fut à son comble; le père Chausserouge pleurait de joie.

François maniait ses bêtes avec autant de tranquillité et d'aisance que s'il se fût agi de jeunes chiens.