L'éloignement de Paris, c'était la rupture définitive des habitudes prises; au milieu des vicissitudes d'une promenade à travers le monde, François n'aurait ni le moyen, ni l'occasion de renouer des relations dangereuses.
Obligé désormais de consacrer tous ses instants à son métier, il se reprendrait à aimer la vie tranquille, et qui sait... peut-être?...
Quand François rendit compte à Jean Tabary du résultat de sont entretien:
—Mais tu ne vas pas faire ça! Menace de le lâcher! Il n'a que toi... Il n'osera pas te laisser aller... Dis-lui donc, au vieux, que Perdel, son concurrent, t'offre un engagement magnifique...
—Tu voudrais que je quitte mon père?
—Pourquoi pas? Puisqu'il te traite en gamin.
—Non! ne me demande pas ça... parce que, voisin, il y a aussi mes bêtes... Et je les aime, mes bêtes!... Le vieux passerait outre, quand même ça lui ferait gros coeur... mais, moi, ça me ferait encore plus de peine de voir mes bêtes partir sans moi! On se reverra, un jour, va donc!
—Tu es un lâche, tiens! T'as pas plus de coeur qu'une poule!
Le soir même, après la dernière représentation et à la grande stupéfaction du personnel de l'établissement, le vieux dompteur donna l'ordre de tout préparer pour le départ.
Deux jours après, la ménagerie Chausserouge quittait le Voyage.