—Pour ça, il faudra que je consulte ma mère.
—Va l'inviter à dîner de ma part pour ce soir. Nous causerons et j'espère bien que nous nous entendrons.
—Moi, j'en suis sûr! dit Jean en se séparant de son ami.
Quand il fut resté seul, il sembla à Chausserouge qu'il était débarrassé d'un poids énorme.
L'insouciance, la roublardise de Jean Tabary le ragaillardissaient. Avec un aide comme celui-là, sa confiance renaissait; maintenant qu'il était sûr de trouver constamment près de lui un conseiller énergique, habile à trouver des expédients, à tourner les difficultés, l'avenir lui paraissait moins sombre, moins hérissé de périls.
Bien qu'âgé de cinq ans de moins, Jean Tabary avait toujours exercé une énorme influence sur François Chausserouge.
Sa seule présence venait en un clin d'oeil de dissiper les doutes, les craintes folles qui depuis quinze jours troublaient la vie et annihilaient la volonté du dompteur.
Ce fut donc le visage souriant, presque gai, qu'il se hâta d'aller prévenir sa femme.
—Ce soir, dit-il à Amélie, tu feras dresser la table dans la grande roulotte. Nous avons du monde à dîner.
—Qui donc?