Dans un petit livre qu'il intitule l'Île Enchantée, M. Wyke Bayliss, le nouveau président de la Société Royale des Artistes Anglais a donné au monde son évangile de l'art.

Son prédécesseur, dans cette fonction, a également donné un évangile de l'art, mais cet évangile prenait d'ordinaire la forme d'une autobiographie.

M. Whistler écrivait toujours l'Art, et si nous nous en souvenons bien, il l'écrit encore avec un A majuscule.

Mais il n'était jamais terne; le brillant de son esprit, la causticité de sa satire, ses amusantes épigrammes,—peut-être préférerions-nous le mot d'épitaphes,—à l'adresse de ses contemporains, rendaient ses appréciations aussi agréables que décevantes, aussi charmantes que malsaines.

En outre, il introduisit l'humour américain dans la critique d'art, et pour cette seule raison, quand il n'y en aurait pas d'autre, il mérite un souvenir affectueux.

D'autre part, M. Wyke Bayliss est assez ennuyeux.

Le dernier président n'a jamais émis des idées vraies, mais le président actuel ne dit jamais rien de neuf, et si l'art est une forêt hantée par les fées, ou bien une île enchantée, nous devons avouer notre préférence en faveur du vieux Puck sur le nouveau Prospero.

L'eau est une chose admirable—du moins les Grecs l'ont dit—et M. Ruskin était un admirable écrivain, mais la combinaison de l'un et de l'autre est plutôt accablante.

Néanmoins il n'est que juste de dire que M. Wyke Bayliss, en ses bons moments, écrit fort bien l'anglais.

M. Whistler, pour telle ou telle raison, employait constamment le langage des petits Prophètes.