On le voit d'abord prenant en pitié Lady Guilderoy laissée à l'abandon et finissant par l'aimer. Mais il fait le grand renoncement, ce qui produit un effet considérable, et après avoir décidé Lady Guilderoy à accueillir de nouveau son mari, il accepte une «Vice Royauté distante et ardue».
Il est pour Ouida l'idéal du véritable homme politique, car apparemment Ouida s'est mise à étudier la politique anglaise.
Elle a consacré une bonne partie de son livre à des thèses politiques. Elle croit que les gouvernants qui conviennent à un pays comme le nôtre sont les aristocrates.
L'oligarchie est pour elle pleine d'attraits.
Elle a de vilaines idées du peuple; elle adore la Chambre des Lords et Lord Salisbury.
Voici quelques-unes de ses vues; nous ne les appellerons pas ses idées:
«La Chambre des Lords ne demande rien à la Nation: elle est donc la seule tutrice sincère et désintéressée des besoins et des ressources du peuple. Elle ne s'est jamais mise en travers du véritable désir du pays. Elle s'est simplement placée entre le pays et ses sottises impétueuses et passagères.
»Une démocratie ne saurait comprendre l'honneur. Comment le comprendrait-elle? Le Caucus[53] est principalement composé de gens qui mettent du sable dans le sucre, de l'alun dans le pain, forgent des baïonnettes et des solives métalliques qui ploient comme des brins d'osier, envoient dans l'Inde du mauvais calicot, et assurent au Lloyd des navires qu'ils savent destinés couler, au bout de dix jours de navigation.
»Lord Salisbury a été souvent accusé d'arrogance. On n'a jamais vu que cette prétendue arrogance était la conscience naturelle, sincère, d'un grand patricien certain d'être plus capable de diriger le pays que la plupart des gens qui le composent.
»La démocratie, après avoir rendu toutes choses hideuses et insupportables au plus haut degré pour tout le monde, finit toujours par se pendre aux basques d'un général victorieux.