S'il n'a pas la grandiose simplicité de la facture épique, il a au moins quelque chose de la largeur de vision qui appartient au caractère épique.
Il ne diminue point la stature des grands héros de la mythologie celtique.
Il est très naïf, très primitif et parle de ses géants de l'air d'un enfant.
Voici un passage caractéristique du récit où Oisin revient de l'Île de l'oubli.
Et je suivis les bords de la mer, où tout est nu et gris, sable gris sur le vert des gazons, et sur les arbres imprégnés d'eau, qui suintent et penchent du côté de la terre, comme s'ils avaient hâte de partir, comme une armée de vieillards soupirant après le repos loin de la plainte des mers. Les flocons d'écume fuirent longtemps autour de moi; les vents fuirent loin de l'étendue emportant l'oiseau dans leurs plis, et je ne sus point, plongé dans mes pensées à l'écart, quand ils gelèrent l'étoffe sur mon corps comme une cuirasse fortement rivée, Car la Souvenance, dressant sa maigreur, gémit dans les portes de mon cœur, jusqu'à ce que chargeant les vents du matin, une odeur de foin fraîchement coupé, arriva, mon front s'inclina très bas, et mes larmes tombèrent comme des baies. Plus tard ce fut un son, à demi perdu dans le son d'un rivage lointain. C'était la grande barnacle qui appelait, et plus tard les bruns vents de la côte. Si j'étais comme je fus jadis, les fers d'or écrasant le sable et les coquillages, venant de la mer, comme le matin avec des lèvres rouges murmurant un chant, ne toussant pas, ma tête sur les genoux, et priant, et irrité contre les cloches, je ne laisserais à aucun saint sa tête sur son corps, lors même que ses terres seraient grandes et fortes.
M'éloignant des houles qui s'allumaient, je suivis un sentier de cheval, m'étonnant beaucoup de voir de tous côtés, faites de roseaux et de charpentes des églises surmontées d'une cloche, et le cairn sacré et la terre sans gardiens, et une petite et faible populace courbée, le pic et la bêche à la main.
Dans un ou deux endroits, la mélodie est fautive, la construction est parfois trop embrouillée, et le mot de populace du dernier vers est mal choisi, mais quand tout cela est dit, il est impossible de ne pas sentir dans ces stances la présence du véritable esprit poétique.
Une jeune dame, qui vise à «un chant qui surpasse le sens» et tente de reproduire le système de vers de Browning pour notre édification, paraîtra peut-être dans un état d'esprit inquiétant.
Mais l'œuvre de Miss Caroline Fitz Gerald vaut mieux que sa tendance.