Il a une très-vive conscience de la source d'où vient son inspiration:
Des vers de moi! pourquoi demander une si pauvre chose, alors que j'ai pu cueillir sur les allées de jardins, l'offrande parfumée d'un souvenir ensoleillé, des fleurs qui ne meurent point, des blancs rameaux que rien ne flétrit?
Shakespeare m'a donné une rose anglaise, et Spenser du chèvrefeuille aussi doux que la rosée, on bien je vous aurais apporté de cette retraite rêveuse la fleur de la passion de Keats, ou le bleu mystique de la fleur étoilée, le chant de Shelley, ou j'aurais fait tomber l'or des lis de la Damoiselle Bénie ou dérobé du feu dans les plis écarlates des pavots de Swinburne...
Cependant, maintenant qu'il a joué son prélude avec tant de sensibilité et de grâce, nous ne doutons point qu'il n'aborde des thèmes plus vastes et des sujets plus nobles, et ne réalise l'espoir qu'il exprime dans cette strophe de six vers:
Car si par bonheur je venais à posséder quelque mélodie, j'en lancerais au loin les notes comme une mer irritée, pour balayer les édifices de la tyrannie, pour donner la liberté à l'amour, délivrer la foi de tout dogme, oh! que je voudrais emplir le vide de mon vers, et faire de mon pipeau d'avoine une trompette.
NOTES:
[56] Pall Mall Gazette, 12 juillet 1889.
Un sage chinois[57].
Un éminent théologien d'Oxford fit un jour la remarque que sa seule objection contre le progrès moderne était que l'on progressait en avant au lieu d'aller à reculons. Cette vue séduisit tellement un certain artiste du monde des étudiants, qu'il se hâta d'écrire un article sur quelques analogies restées inaperçues entre le développement des idées et les mouvements du crabe marin commun.