Il a montré un buste de M. Walter Crane sur lequel il a fait quelques expériences élémentaires, un buste de M. Parsons, une petite statuette, plusieurs moules, et une coupe intéressante de fourneau employé par Balthazar Keller pour fondre une grande statue équestre de Louis XIV, en 1697-8.
Ce qui fit défaut dans sa Conférence, ce furent les idées.
Sur la valeur artistique de chaque matière, sur la correspondance entre la matière ou le procédé, et la faculté imaginative s'efforçant de trouver une expression, sur l'aptitude au réalisme et à l'idéalisme qui réside dans chaque matière, sur le côté historique et humain de l'art, il n'a rien dit.
Il a montré les divers outils et la manière de s'en servir, mais il les a traités uniquement comme des instruments manuels.
Il n'a pas une seule fois mis son sujet en relation soit avec l'art, soit avec la vie.
Il a expliqué les formes du travail et les façons d'économiser le travail.
Il a montré les différentes méthodes, telles qu'elles pourraient être pratiquées par un artisan.
La semaine dernière, M. Morris, tout en expliquant le procédé technique du tissage, n'a jamais perdu de vue qu'il faisait une leçon de l'art.
Il a non seulement instruit, mais encore charmé son auditoire.
Néanmoins le public, réuni hier soir à l'Exposition des Arts et Métiers, parut fort intéressé; du moins il fut très attentif, et M. Walter Crane fit, après la conclusion, un court speech, dans lequel il se déclara satisfait en constatant que, malgré le machinisme moderne, la sculpture eût à peine modifié un seul de ses outils.