M. Sanderson mentionna par leurs noms quelques-uns des grands relieurs, comme Le Gascon, et quelques-uns des protecteurs de la reliure, comme les Médicis, Grolier, et les femmes admirables qui aimèrent tant les livres, qu'elles leur donnèrent quelque chose du parfum et de la grâce de leurs étranges existences.
Toutefois la partie historique de la conférence fut fort écourtée et le fut peut-être forcément à cause du temps limité.
La partie vraiment soignée de la conférence fut l'exposé pratique.
M. Sanderson expliqua et démontra les différentes opérations qui consistent à lisser, presser, couper, rogner, etc.
Il divisa les reliures en deux classes, selon l'utilité ou la beauté.
Parmi les premières, il mit les couvertures en papier, comme celles qu'on emploie en France, le carton recouvert de papier ou recouvert de toile, les demi-reliures en cuir ou en veau.
Il dédaigna le drap comme une pauvre matière, sur laquelle la dorure ne tarde pas à s'effacer.
Quant aux belles reliures, en elles, «la décoration s'élève jusqu'à l'enthousiasme».
Elle a sa valeur éthique, son effet spirituel.
«En faisant de bon travail, nous élevons l'existence à un plan plus haut» dit le conférencier, et il insista avec une sympathie affectueuse sur ce fait qu'«un livre est d'un naturel sensitif», qu'il est fait par un être humain pour un être humain, que le dessin doit venir de l'homme lui-même et exprimer les états de son imagination et la joie de son âme.