Naturellement la morte-saison, c'est l'été, où les artistes quittent la capitale. Mais depuis quelques années, certains artistes ont décidé leurs modèles à les suivre et la femme d'un de nos peintres les plus charmants a souvent à la campagne la charge d'hospitaliser trois ou quatre modèles, de telle sorte que le travail de son mari et des amis de celui-ci ne soit point interrompu.
En France, les modèles émigrent en masse dans les villages qui ont un petit port sur la côte, ou dans les hameaux forestiers où les peintres se groupent.
Mais, règle générale, les modèles anglais attendent patiemment à Londres le retour des artistes.
Presque toutes vivent chez leurs parents et aident à faire marcher le ménage.
Elles ont tout ce qu'il faut pour être immortalisées dans l'art, excepté la beauté des mains.
Les mains du modèle anglais sont presque toujours grossières et rouges.
Quant aux modèles masculins, c'est d'abord le vétéran dont il a déjà été fait mention.
Il a toutes les traditions du grand style, et il est en train de disparaître aussi rapidement que l'école qu'il représente.
Un vieux qui parle de Fuseli, est, naturellement, insupportable, et de plus les patriarches ont cessé d'être des sujets à la mode.
Passons au véritable modèle d'académie.