C'était lui que le géant aimait le mieux parce qu'il l'avait embrassé.
—Nous ne savons pas, répondirent les enfants: il est parti.
—Dites-lui d'être exact à venir ici demain, reprit le géant.
Mais les enfants dirent qu'ils ne savaient pas où il habitait et qu'avant ils ne l'avaient jamais vu.
Et le géant devint tout triste.
Chaque après-midi, à la sortie de l'école, les enfants venaient jouer avec le géant, mais on ne revit plus le petit garçon qu'aimait le géant. Il était très bienveillant avec tous, mais il regrettait son premier petit ami et souvent il en parlait.
—Que je voudrais le voir, avait-il l'habitude de dire.
Les années passèrent et le géant vieillit et s'affaiblit. Il ne pouvait plus prendre part au jeu; il demeurait assis sur un grand fauteuil et regardait jouer les enfants et admirait son jardin.
—J'ai beaucoup de belles fleurs, disait-il, mais les enfants sont les plus belles des fleurs.
Un matin d'hiver, comme il s'habillait, il regarda par la fenêtre. Maintenant il ne détestait plus l'hiver; il savait qu'il n'est que le sommeil du printemps et le repos des fleurs.