Soudain M. Podgers laissa tomber la main droite de lord Arthur et empoigna fortement la gauche, se courbant si bas pour l'examiner que la monture d'or de ses lunettes sembla presque effleurer la paume.

Un moment, son visage devint un masque blanc d'horreur, mais il recouvra bientôt son sang-froid[7] et, regardant lady Windermere, lui dit avec un sourire forcé:

—C'est la main d'un charmant jeune Homme.

Note 7:[ (retour) ] En français dans le texte.

—Certes oui, répondit lady Windermere, mais sera-t-il un mari charmant? Voilà ce que j'ai besoin de savoir.

—Tous les jeunes gens charmants sont des maris charmants, reprit M. Podgers.

—Je ne crois pas qu'un mari doive être trop séduisant, murmura lady Jedburgh, d'un air pensif. C'est si dangereux.

—Ma chère enfant, ils ne sont jamais trop séduisants; s'écria lady Windermere. Mais ce qu'il me faut ce sont des détails. Il n'y a que les détails qui intéressent. Que doit-il arriver à lord Arthur?

—Eh bien! Dans quelques jours lord Arthur doit faire un voyage.

—Oui, sa lune de miel naturellement.