—Je voudrais que ma robe soit prête pour la bal officiel, répondit-elle. J'ai commandé d'y broder des fleurs de la passion, mais les couturières sont si négligentes.
Elle passa sur la rivière et vit les lanternes suspendues au mat des barques.
Elle passa sur le ghetto et vit les vieux juifs qui faisaient des affaires entre eux et pesaient des monnaies dans des balances de cuivre.
Enfin, elle arriva à la pauvre demeure et y jeta un coup d'oeil.
L'enfant s'agitait fiévreusement dans son lit et sa mère s'était endormie tant elle était fatiguée.
L'Hirondelle sautilla dans la chambre et mit le grand rubis sur la table, sur le dé de la couturière.
Puis elle voleta doucement autour du lit, éventant de ses ailes le visage de l'enfant.
—Quelle douce fraîcheur je ressens! fit l'enfant. Je dois aller mieux.
Et il tomba dans un délicieux sommeil.
Alors l'Hirondelle s'en fut à tire d'ailes vers le Prince Heureux et lui dit ce qu'elle avait fait.