—Il ne faut pas me demander cela, Basil, je ne puis vraiment vous laisser face à face avec ce tableau.
—Vous y arriverez un jour?
—Jamais!
—Peut-être avez-vous raison. Et maintenant, au revoir, Dorian. Vous avez été la seule personne dans ma vie qui ait vraiment influencé mon talent. Tout ce que j'ai fait de bon, je vous le dois. Ah! vous ne savez pas ce qu'il m'en coûte de vous dire tout cela!...
—Mon cher Basil, dit Dorian, que m'avez-vous dit? Simplement que vous sentiez m'admirer trop.... Ce n'est pas même un compliment.
—Ce ne pouvait être un compliment. C'était une confession; maintenant que je l'ai faite, il me semble que quelque chose de moi s'en est allé. Peut-être ne doit-on pas exprimer son adoration par des mots.
—C'était une confession très désappointante.
—Qu'attendiez-vous donc, Dorian? Vous n'aviez rien vu d'autre dans le tableau? Il n'y avait pas autre chose à voir....
—Non, il n'y avait rien de plus à y voir. Pourquoi le demander? Mais il ne faut pas parler d'adoration. C'est une folie. Vous et moi sommes deux amis; nous devons nous en tenir là....
—Il vous reste Harry! dit le peintre tristement.