VI — Le maître de sagesse

Depuis son enfance, il avait été, comme quiconque, bourré de la parfaite connaissance de Dieu et, même quand il n'était qu'un gamin, bien des saints, comme aussi certaines saintes femmes qui habitaient la libre cité, dans laquelle il était né, avaient été saisis d'un grand émerveillement à ses réponses graves et sages.

Et quand ses parents lui eurent donné la robe et l'anneau de l'âge viril, il les embrassa et les quitta pour aller courir le monde, car il voulait parler de Dieu au monde.

Car il y avait, en ce temps-là, dans le monde, bien des gens qui ne connaissaient aucunement Dieu ou n'avaient de lui qu'une connaissance incomplète ou adoraient les faux dieux qui habitent les bois sacrés et ne se soucient pas de leurs adorateurs.

Et il fit face au soleil et voyagea, marchant sans sandales, comme il avait vu marcher les saints, et portant à sa ceinture une besace de cuir et une petite gourde d'argile brunie.

Et comme il marchait le long de la grande route, il était plein de cette joie qui naît de la parfaite connaissance de Dieu, et il chantait les louanges de Dieu sans interrompre ses chants et, après quelque temps, il entra dans un pays inconnu où s'élevaient bien des cités.

Et il traversa onze cités.

Et quelques-unes de ces cités étaient dans les vallées, d'autres sur les bords de grandes rivières et d'autres assises sur des collines.

Et, dans chaque cité, il trouva un disciple qui l'aima et le suivit, et une grande multitude de peuple de chaque cité le suivit aussi et la connaissance de Dieu se répandit sur toute la terre et bien des chefs de gouvernement furent convertis.

Et les prêtres des temples, dans lesquels il y avait des idoles, trouvèrent que la moitié de leur gain était perdu et, quand, à midi, ils battaient leurs tambours, personne ou bien peu de gens venaient avec des pains et des offrandes de viande, comme ç'avait été l'habitude du pays avant l'arrivée du pèlerin.