Pourquoi le fard imiterait-il le teint de ses joues et plagierait-il, par une copie inanimée, leurs vives couleurs? Pourquoi la pauvre beauté chercherait-elle indirectement les reflets de la rose, quand elle a la rose vraie?
Il peut sembler étrange qu'un aussi grand dramaturge que Shakespeare, qui réalisa sa propre perfection comme artiste et son humanité comme homme sur le plan idéal de la littérature du théâtre et du jeu scénique, ait écrit en ces termes sur le théâtre, mais nous devons nous souvenir que, dans les sonnets 110 et 111, Shakespeare nous montre qu'il était las du monde des marionnettes et plein de honte d'avoir joué aux yeux de tous son rôle d'arlequin. Le 111e sonnet surtout est amer:
Oh! grondez à mon sujet la fortune, cette déesse coupable de tous mes torts, qui ne m'a laissé d'autre moyen d'existence que la ressource publique qui nourrit une vie publique.
C'est là ce qui fait que mon nom porte un stigmate et que ma nature est, pour ainsi dire, marquée du métier qu'elle fait comme la main du teinturier. Ayez donc pitié de moi et souhaitez que je sois régénéré,
et il y a ailleurs bien des signes du même sentiment, signes familiers à tous les vrais fanatiques de Shakespeare. Un point m'embarrassa beaucoup quand je lus les _Sonnets _et il s'écoula bien des jours avant que j'établisse la Vraie interprétation que certes Cyril Graham lui-même paraît ne pas avoir saisie.
Je ne pouvais comprendre que Shakespeare accordât tant d'importance à voir son jeune ami se marier.
Lui-même s'était marié jeune, et le résultat n'avait pas été heureux: il n'était pas probable qu'il voulût pousser Willie Hughes à commettre la même erreur.
Le jeune acteur de Rosalinde n'avait rien à gagner au mariage et aux passions de la vie réelle. Les premiers sonnets, avec leurs étranges supplications d'avoir des enfants, me parurent une note discordante.
L'explication du mystère m'arriva presque subitement et je la trouvai dans la bizarre dédicace.
On doit se rappeler que la dédicace est ainsi conçue: