Le voyage fut insupportable. Je crus que je n'arriverais jamais.
Sitôt débarqué, je courus à l'hôtel d'Angleterre.
On me dit qu'Erskine avait été enterré deux jours avant au cimetière des Anglais.
Il y avait dans toute cette tragédie quelque chose d'horriblement grotesque.
Je dis toute sorte de paroles incohérentes dans le hall de l'hôtel et on me regardait d'un air de curiosité.
Tout à coup, lady Erskine, en grand deuil, traversa le vestibule.
Quand elle me vit, elle vint à moi, murmura quelques mots sur son pauvre fils et fondit en larmes.
Je la conduisis dans son salon.
Un vieux monsieur prit soin d'elle: c'était le médecin anglais.
Nous causâmes beaucoup d'Erskine, mais je ne soufflai mot des mobiles qui l'avaient poussé au suicide. Il était évident qu'il n'avait rien dit à sa mère de la raison qui l'avait amené à un acte si funeste, si fou.