LE CAPPADOCIEN. Je n’ai jamais vu César.
SECOND SOLDAT. Un autre qui vient de la ville de Chypre, qui est jaune comme de l’or.
LE CAPPADOCIEN. J’aime beaucoup l’or.
SECOND SOLDAT. Et le troisième qui est un vin sicilien. Ce vin-là est rouge comme le sang.
LE NUBIEN. Les dieux de mon pays aiment beaucoup le sang. Deux fois par an nous leur sacrifions des jeunes hommes et des vierges: cinquante jeunes hommes et cent vierges. Mais il semble que nous ne leur donnons jamais assez, car ils sont très durs envers nous.
LE CAPPADOCIEN. Dans mon pays il n’y a pas de dieux à présent, les Romains les ont chassés. Il y en a qui disent qu’ils se sont réfugiés dans les montagnes, mais je ne le crois pas. Moi, j’ai passé trois nuits sur les montagnes les cherchant partout. Je ne les ai pas trouvés. Enfin, je les ai appelés par leurs noms et ils n’ont pas paru. Je pense qu’ils sont morts.
PREMIER SOLDAT. Les Juifs adorent un Dieu qu’on ne peut pas voir.
LE CAPPADOCIEN. Je ne peux pas comprendre cela.
PREMIER SOLDAT. Enfin, ils ne croient qu’aux choses qu’on ne peut pas voir.
LE CAPPADOCIEN. Cela me semble absolument ridicule.