«Nulle société ne peut vivre sainement en se nourrissant de mensonge.»[5]

«La fin de l'homme est d'être sincère.»[6]

Il faut donc chercher la vérité.

Croire en la Vérité, c'est avoir la foi qui nous permet d'ordonner toutes choses par rapport à elle. Aimer la Vérité, c'est s'y soumettre dans ce qu'elle a d'absolu et d'irrésistible, la rechercher toujours dans l'ordre changeant des circonstances et n'agir jamais que conformément à elle. Si l'amour de la vérité est par lui-même l'expression la plus pure de notre foi, nous devons irrévocablement condamner le mensonge et tout ce qui s'y rapporte. La vérité dans la connaissance des lois morales a déjà supprimé l'iniquité de l'esclavage, les tortures judiciaires, les persécutions barbares; espérons qu'elle élargira toujours ses limites. Toutes les erreurs, tous les symboles qui ont été l'objet du culte des hommes n'ont produit quelque bien que par suite de la parcelle de vérité qu'ils renfermaient. Il faut poursuivre la vérité partout et toujours.

Dans les Soutiens de la Société, Dina, voulant aller en Amérique, demande à Johann qui en revient, si les gens de là-bas sont moraux.

JOHANN.—Moraux?

DINA.—C'est-à-dire s'ils sont aussi convenables, aussi honnêtes qu'ici.

JOHANN.—Dans tous les cas, ils ne sont pas aussi mauvais qu'on le pense. N'ayez aucune crainte à ce sujet.

DINA.—Vous ne comprenez pas. Au contraire, je voudrais qu'ils ne fussent pas si nobles et si vertueux.

JOHANN.—Et comment les voudriez-vous?