—Cela est venu de tous les côtés successivement,» dit Danilo en remuant la tête.
Il se faisait tard; les femmes se levèrent pour retourner à leurs maisons. Il fallait faire coucher les enfants. Plus d’une avait pris le sien dans ses bras. Les unes étaient grandes et robustes, d’autres frêles et petites; elles étaient jeunes ou vieilles, mais toutes avaient la même expression, cette expression de volonté énergique qu’on a quand, après bien des souffrances et des luttes, on est décidé à tout faire avec calme, fût-ce à mourir.
On se disait encore adieu sur le seuil de la porte, on échangeait un sourire d’affection, on se faisait un signe de tête amical. Tout se passait comme d’habitude, et cependant on sentait comme une tempête dans l’air. Les yeux de ces femmes, de ces mères, de ces sœurs, de ces fiancées, de ces filles, jetaient comme des lueurs.
«Adieu! adieu! disait-on, bonne nuit!»
Toute la société se dispersa par les sombres sentiers et disparut. Les deux intimes Andry Krouk et Semène Vorochilo restèrent seuls avec Danilo. Le voyageur resta aussi.
III
LA PETITE MAROUSSIA.
Tout le monde était parti; la maîtresse de la maison passa dans une chambre à côté.