«Au bout d’une demi-heure, elle arriva à un point auquel aboutissaient plus de dix chemins s’en allant tous dans différentes directions. Lequel prendre? C’était bien embarrassant.
—Certes, dit l’envoyé.
—Elle fit quelques pas dans l’un, puis dans un autre, et ainsi de suite, comme pour les essayer. Il importait de ne pas se tromper. Le malheur est qu’ils se ressemblaient tous, ce qui rendait difficile de préférer celui-ci à celui-là. Cependant, dans un de ces embranchements, elle aperçut quelque chose de blanc. Elle y courut. C’était un petit mouchoir très-fin, bien brodé à ses encoignures.
«J’entends quelque chose qui nous suit,» dit Maroussia, interrompant son récit. L’envoyé avait entendu aussi. Il prit Maroussia par le bras, se plaça devant elle, son bâton levé.
«Ah! dit Maroussia, c’est un très-grand chien.»
L’envoyé fit un bond si brusque que Maroussia ne put pas s’expliquer comment si vite, d’un coup de son bâton asséné, il avait pu abattre l’animal pris au dépourvu.
Que se passait-il entre la bête et l’homme? L’envoyé avait un genou en terre. Quand il se releva, l’animal gisait sans vie à ses pieds.
«C’était un loup, dit-il tranquillement à l’enfant, et il fallait qu’il eût bien faim pour nous suivre de si près.»
Le loup était mort.
«Oh! dit Maroussia à son ami, tu n’as peur de rien.