[Note 1: Traite sur les apparitions des esprits, t. I, p. 246.]

"Pline[1] le Jeune avoit un affranchi, nomme Marc, homme lettre, qui couchoit dans un meme lit avec son frere plus jeune que lui. Il lui sembla voir une personne assise sur le meme lit, qui lui coupoit les cheveux du haut de la tete; a son reveil il se trouva rase, et ses cheveux jetes par terre au milieu de la chambre. Peu de temps apres, la meme chose arriva a un jeune garcon qui dormoit avec plusieurs autres dans une pension: celui-ci vit entrer par la fenetre deux hommes vetus de blanc, qui lui couperent les cheveux comme il dormoit, puis sortirent de meme par la fenetre; a son reveil, il trouva ses cheveux repandus sur le plancher. A quoi attribuer tout cela, sinon a un follet?

[Note 1: Plin. l. VII. Epist. 27 et suiv.]

"Tritheme dans sa chronique d'Hirsauge[1], sous l'an 1130, raconte qu'au diocese d'Hildesheim en Saxe, on vit assez longtemps un esprit qu'ils appeloient en allemand Heidekind, comme qui diroit genie champetre: Heide signifie vaste campagne, Kind, enfant. Il apparoissoit tantot sous une forme, tantot sous une autre; et quelquefois sans apparoitre il faisoit plusieurs choses qui prouvoient et sa presence et son pouvoir. Il se meloit quelquefois de donner des avis importants aux puissances: souvent on l'a vu dans la cuisine de l'eveque aider les cuisiniers et faire divers ouvrages. Un jeune garcon de cuisine qui s'etoit familiarise avec lui lui ayant fait quelques insultes, il en avertit le chef de cuisine, qui n'en tint compte; mais l'Esprit s'en vengea cruellement: ce jeune garcon, s'etant endormi dans la cuisine, l'Esprit l'etouffa, le mit en pieces et le fit cuire. Il poussa encore plus loin sa fureur contre les officiers de la cuisine et les autres officiers du prince. La chose alla si loin qu'on fut oblige de proceder contre lui par censures, et de le contraindre par les exorcismes a sortir du pays.

[Note 1: Chronic. Hirsaug., ad ann. 1130.]

"Olaus Magnus dit que dans la Suede et dans les pays septentrionaux, on voyait autrefois des esprits familiers qui, sous la forme d'hommes ou de femmes, servaient des particuliers.

"Un nouveau voyage des pays septentrionaux, imprime a Amsterdam en 1708, dit que les peuples d'Islande sont presque tous sorciers; qu'ils ont des demons familiers qu'ils nomment Troles, qui les servent comme des valets, qui les avertissent des accidents ou des maladies qui leur doivent arriver: ils les reveillent pour aller a la peche quand il y fait bon, et s'ils y vont sans l'avis de ces genies, ils ne reussissent pas.

"Le pere Vadingue rapporte d'apres une ancienne legende manuscrite, dit dom Calmet[1], qu'une dame nommee Lupa, avoit eu pendant treize ans un demon familier qui lui servoit de femme de chambre, et qui la portoit a beaucoup de desordres secrets, et a traiter inhumainement ses sujets. Dieu lui fit la grace de reconnoitre sa faute, et d'en faire penitence par l'intercession de saint Francois d'Assise et de saint Antoine de Padoue, en qui elle avoit toujours eu une devotion particuliere."

[Note 1: Traite sur l'apparition des esprits, t. Ier, p. 252.]

"Cardan parle d'un demon barbu de Niphus qui lui faisait des lecons de philosophie.