giroflée rouge,beaulté.
giroflée blanche,amour chaste.
marjolaine grosse,mensonge.
marjolaine menue,bonté.
thym,persévérance.
thym coupé,vous parviendrez.
fleur de thym,à vous me donne.
laitue,bonnes nouvelles.
lys,foi.
rose blanche,j'ay bon vouloir.
bouton de rose blanche,je vous ayme.
rose rouge,largesse.
bouton de rose rouge,angoisse.
rose musquette,je vous refuse.
rose de province,soyez secret.
rose doublée de rose musquette,occasion.
rosmarin,congé.
rosmarin coppé au boult,amour sans fin.
violette jaune,contentement.
violette de mars blanche,bon espoir.
violette de mars bleue,douleur.
violette d'oultremer,patience.
violette d'hiver,temps perdu.
ortie,trahison.
chanvre,défiance.
genêt,adresse.
fleur de genêt,pour amour j'endure.
buglosse,légèreté.
bourache,reproche.
lavandre,travers.
saulge grosse,entreprise.
saulge menue,chasteté.
ysope,amertume.
liere,ingratitude.
piment,douleur.
pavost,prison.

Un écrivain moderne, se basant sur les considérations de la botanique ou sur les récits de la mythologie, a composé un dictionnaire du langage des fleurs, pour écrire un billet; transcrivons-en une partie, en faisant remarquer toutefois que plusieurs de ces significations sont très-contestables.

abandon,anémone.
absence,absinthe.
agitation,sainfoin-oscillant.
aigreur,épine-vinette.
amabilité,jasmin blanc.
amertume, douleur,aloès.
amitié,lierre.
amour,myrte.
amour conjugal,tilleul.
amour maternel,mousse.
audace,mélèze.
austérité,chardon.
beauté capricieuse,rose musquée.
bienfaisance,pomme de terre.
bienveillance,jacinthe.
consolation,perce-neige.
constance,pyramidale bleue.
courage,peuplier noir.
cruauté,ortie.
dédain,œillet jaune.
délicatesse,bluet.
désespoir,soucis et cyprès.
désir,jonquille.
docilité,jonc des champs.
élégance,acacia rose.
fécondité,rose trémière.
félicité,centaurée.
fierté,amaryllis.
franchise,osier.
frugalité,chicorée.
générosité,oranger.
gentillesse,rose pompon.
haine,basilic.
honte,pivoine.
immortalité,amarante.
indépendance,prunier sauvage.
injustice,houblon.
jeunesse,lilas blanc.
naïveté,argentine.
noirceur,ébénier.
prospérité,hêtre.
prudence,cormier.
puissance,impériale.
pureté,épi de la Vierge.
reconnaissance,agrimoine.
sagesse,mûrier blanc.
silence,rose blanche.
simplicité,fougère.
sommeil du cœur,pavot blanc.
temps,peuplier blanc.
tranquillité,alysse des rochers.
vérité,morelle douce-amère.
vice,ivraie.
volupté,tubéreuse.

§ VI.

Des alphabets factices.

Vigenère, dans son Traité des chiffres, Duret, dans son Trésor des langues, et divers autres anciens auteurs ont donné des modèles d'alphabets attribués à divers personnages célèbres de l'antiquité la plus reculée; M. Nodier s'exprime à cet égard de la façon suivante:

«Les alphabets factices de Salomon, d'Apollonius et même d'Adam ne sont pas si méprisables qu'on se l'imagine, et je n'entends pas par là qu'ils annoncent une grande puissance d'invention, mais seulement qu'ils remontent à une haute antiquité et qu'ils révèlent en partie le secret d'une des opérations les plus curieuses de l'esprit humain. Ce qui donne du prix aux recueils rares où ces alphabets se rencontrent, c'est qu'on ne les a jamais reproduits depuis que l'on a fait de la grammaire positive, parce qu'ils n'appartiennent à aucune langue dont il soit resté des traditions. Comme débris d'une langue de convention qui a existé, dont nous avons perdu la clef et qui ne le cédait peut-être en rien aux langues caractéristiques de Dalgarno, de Wilkins et de Leibnitz, ces traits grossiers parlent à notre intelligence avec un tout autre pouvoir que les pierres de Denderah.»

Formés de signes aux contours bizarres et aux formes singulières, ces caractères, qui sont, en général, des transformations de l'alphabet hébreu, n'ont, d'ailleurs, on le comprend de reste, aucune authenticité. L'alphabet d'Énoch, celui de Moïse et celui de Salomon sont de pure invention, tout comme celui dont un magicien célèbre, Honorius le Thébain, se servit, dit-on, pour écrire ses livres de sorcellerie. Vigenère a conservé les lettres sous lesquelles cet insigne sorcier (qui n'a jamais existé) dissimulait les arcanes les plus profonds de la nécromancie. Nous croyons inutile de reproduire ces signes étranges, auxquels quelques anciens auteurs conseillent de recourir pour chiffrer, mais dont personne ne fait usage depuis bien longtemps.

On peut assimiler aux alphabets factices les figures bizarres dont les recueils de secrets magiques sont remplis, et les mots inventés à plaisir et qu'on donnait comme possédant des propriétés surnaturelles et comme renfermant un sens ignoré du vulgaire. Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet, qui demeure étranger aux idées scientifiques; nous transcrirons seulement comme échantillon une phrase prise dans un livre de sortiléges et qui restera sans doute toujours inintelligible:

«Magabusta Berenada Surmistaras. Gorisgatpa Helotim Latintas aciton aragiaton Amka jaribai untus gilgar Selingarasch.»