II
La seconde déception de Jacquot l'attendait à Paris. Son vieux compagnon le conduisit dans une horrible rue étroite et sale, encombrée et puante; il le fit entrer dans une maison noire, au seuil de laquelle, comme une échelle appuyée au mur, se dressait un escalier interminable, dont les marches tombaient en ruine, et dont la rampe graisseuse était à peine soutenue par des barres de fer tordues et rouillées.
Le grenier dans lequel on logea le vieillard et l'enfant était obscur; des poutres surchargées de lattes humides le traversaient en tout sens, et dans un coin des vieilles paillasses crevées, du ventre desquelles sortaient des longues brindilles de foin, étaient le lit qu'offrait leur hôte aux voyageurs dont la bourse était légère.
«Et maintenant, que comptes-tu faire? demanda le voisin de Gertrude à son protégé, lorsqu'ils se réveillèrent le lendemain matin.
—Ma foi, père Lenoir, répondit Jacquot en se secouant comme une poule réveillée par les hurlements d'un loup, je compte tout d'abord faire connaissance avec la grande ville qui va m'enrichir.
—Tu crois donc de bonne foi que tu deviendras riche ici?
—Mais oui, père Lenoir; sans cela j'aurais continué à vivre avec les vieux, à profiter de leur travail, à les aider un brin, et je ne me serais pas privé des caresses de ma bonne mère!
—Alors, mon petit, si cela t'amuse, viens avec moi: nous ferons ensemble visite au notaire de M. Lenoir, ce pauvre cousin qui s'est laissé mourir sans enfant, ce qui fait que j'hérite de tout son bien, moi qui ne l'ai jamais vu.
—Et de combien d'écus héritez-vous, père Lenoir?