BAUME.—Fleurer comme baume.
Exhaler une odeur agréable. On dit proverbialement et figurément, Cela fleure comme baume, en parlant d’une affaire qui paraît bonne et avantageuse.
Donner du baume de Galaad.
S’apitoyer sur le malheur au lieu de le secourir; donner de l’eau bénite de cour.
Cette expression est venue d’un vieux livre intitulé: Le Baume de Galaad, qui fut fait pour la consolation des malheureux.—Le pays de Galaad, en Judée, était la patrie du prophète Elie, dont les paroles avaient la vertu de guérir les maux, Cujus verba erant medicina; et il produisait tant d’essences balsamiques, qu’on disait proverbialement, Porter des parfums à Galaad, dans le même sens que Porter du blé en Egypte, du safran en Cicile, des roses à Prestum, des chouettes à Athènes, de l’eau à la mer, etc.
Autrefois on appelait aussi baume, ce qu’on appelle aujourd’hui pot-de-vin ou épingles, c’est-à-dire le cadeau fait à la suite d’un contrat. Dans le livre intitulé Droits et coutumes de Champagne que le roi Thiébaut établit, on lit: «Une somme d’argent déboursée par forme de baulme, à la suite du bail.» Cette signification du mot baume, fesait ressortir par opposition celle de baume de Galaad.
Les Italiens nomment plaisamment l’égoïste dont la bienfaisance ne consiste qu’en paroles; Amico da stranuti, Ami pour les éternuements, parce qu’on ne peut tirer de lui qu’un Dieu vous bénisse.
BAVETTE.—Tailler des bavettes.
Babiller, bavarder.—Cette expression populaire est une espèce de calembourg où le mot bavette, qui signifie la partie haute d’un tablier destinée à couvrir la poitrine, se prend dans le sens de bavardage qu’il avait autrefois. Les femmes du peuple disent en se séparant après une longue causerie: Maintenant que nous avons taillé des bavettes, il faut aller les coudre; c’est-à-dire, maintenant que nous avons bavardé, il faut aller travailler.
BEAU.—Cela doit être beau, car je n’y comprends rien.