C’est-à-dire le plus grand, le plus précieux de ses avantages. On dit aussi: C’est le plus beau fleuron de sa couronne.—Le chapeau, chapel ou chapelet de roses, était une couronne que nos pères se plaisaient à porter dans les circonstances solennelles. Cette couronne était aussi le prix qu’un servant d’amour recevait de sa très honorée dame, dont les blanches mains la lui posaient sur la tête.
Être comme saint Roch en chapeau.
Cette expression proverbiale qu’on emploie pour dire qu’on est abondamment pourvu d’une chose, qu’on en a plus qu’il n’en faut, est fort controversée. Les uns prétendent que le mot chapeau doit y être écrit au singulier, les autres qu’il doit y être écrit au pluriel. Diderot a adopté la dernière orthographe dans cette phrase de Jacques le fataliste et son maître: «Te voilà en chirurgiens comme saint Roch en chapeaux;» et l’éditeur des œuvres de ce philosophe a remarqué, dans une note, que saint Roch avait trois chapeaux, avec lesquels on le voit souvent représenté. Cependant on a soupçonné cet éditeur d’avoir pris sous son bonnet les trois chapeaux de saint Roch, et j’avoue pour mon compte que, n’ayant pu découvrir aucune preuve du fait iconologique dont il parle, je suis porté à croire que saint Roch a toujours été peint avec un seul chapeau, le chapeau de pèlerin, mais si grand, à la vérité, qu’il en vaut bien trois.
Les lecteurs voudront bien choisir entre les deux explications, ou attendre des renseignements plus positifs. Une si grave question ne peut manquer d’être résolue dans une nouvelle édition du chapitre des chapeaux cité par Sganarelle.
Qui a bonne tête ne manque pas de chapeaux.
L’homme habile trouve toujours le moyen de se procurer ce qui lui est nécessaire, et de réparer les pertes qu’il a éprouvées.
CHAPELET.—Il faut se défier du chapelet du connétable.
Proverbe auquel donna lieu la singulière dévotion du connétable Anne de Montmorency, qui avait toujours son chapelet à la main pendant la marche de l’armée, et, tout en le roulant entre ses doigts, commandait tantôt de mettre le feu à un village, tantôt de faire main basse sur une garnison, et tantôt de châtier ou de pendre quelque soldat.
On disait aussi: Il faut se défier du cure-dent de monsieur l’amiral, parce que l’amiral de Coligni agissait à peu près de la même manière en se curant les dents.
CHAPITRE.—N’avoir pas voix en chapitre.