Il est bien aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride.

Une privation n’est point pénible quand on se l’impose volontairement, et qu’on peut la faire cesser sans retard; ou, dans un autre sens, il fait bon poursuivre une affaire lorsqu’elle ne coûte d’autre peine que celle qu’on veut bien se donner et qu’on a des moyens tout prêts pour en faciliter et en assurer le succès.—On se sert particulièrement de ce proverbe en réponse à quelqu’un qui, étant en position de faire une chose à l’aise, s’étonne qu’elle paraisse difficile et hasardeuse à ceux qui n’ont pas les mêmes facilités que lui.—Montaigne a dit (liv. III, ch. 3): «Il a bel aller à pied, qui mène son cheval par la bride. Mon ame se rassasie et se contente de ce droit de possession.»

C’est un bon cheval de trompette.

Il est accoutumé au bruit et ne s’en épouvante pas. Les Italiens disent: E una cornacchia di campanile, c’est une corneille de clocher. Cet oiseau ne redoute ni carillon ni tocsin.

Parler à cheval à quelqu’un.

C’est-à-dire avec hauteur et dureté, comme fesait, dans les joutes et dans les tournois, un chevalier qui demandait raison à un autre.

C’est son grand cheval de bataille.

C’est la chose sur laquelle il s’appuie et compte le plus dans une discussion ou dans une affaire, comme le guerrier d’autrefois sur son grand cheval de bataille.

Monter sur ses grands chevaux.

Parler avec hauteur et emportement.—Les chevaliers avaient des chevaux pour la route et des chevaux pour le combat. Ces derniers, appelés dextriers ou destriers, parce que les écuyers chargés de les conduire les tenaient à leur dextre ou droite, étaient d’une taille plus élevée que les autres, et, quand l’ennemi paraissait, ils étaient amenés à leurs maîtres, qui montaient alors sur leurs grands chevaux, sur leurs grands chevaux de bataille, pour se lancer dans la mêlée.