Les désirs ne sont au fond que des besoins; et il n’y a vraiment d’homme pauvre que celui qui ne peut trouver ce qu’il désire dans ce qu’il possède.
C’est une grande richesse, disait saint Paul, que de se contenter de ce qu’on a.
Qui borne ses désirs est toujours assez riche. (Voltaire.)
C’est un grand bonheur d’avoir ce qu’on désire, disait quelqu’un à un philosophe. Celui-ci répliqua: C’en est un bien plus grand de ne désirer que ce qu’on a.
DEUIL.—Deuil joyeux.
Deuil d’héritier, deuil pour se conformer à l’usage et pour sauver les apparences; douleur sur le visage, et joie dans le cœur. C’est ce que les Grecs et les Latins désignaient par l’expression, Pleurer au tombeau de sa belle-mère.
Tous vont au convoi du mort, et chacun pleure son deuil.
On n’est guère sensible qu’à ses propres peines, et ce n’est que par un secret retour sur soi que l’on compatit à celles des autres. Il entre toujours une certaine dose d’égoïsme dans la composition du sentiment qu’on appelle la pitié; quelquefois même il n’y entre pas autre chose. On connaît l’histoire de cette dame qui, rentrant chez elle toute transie de froid, avait ordonné à ses gens de distribuer une voie de bois aux pauvres. Aussitôt qu’elle se fut placée dans une bergère commode auprès d’un bon feu, elle commença par modifier son ordre, et finit par le rétracter tout à fait en disant: Le temps s’est bien radouci.
DEVISE.—Entendre la devise.
C’est-à-dire les propos galants. Cette expression se trouve dans une ancienne pièce qui a pour titre: Nouvelle moralité d’une pauvre fille villageoise, laquelle aima mieux avoir la tête coupée par son père que d’être violée par son seigneur, faicte à la louange et honneur des chastes et honnestes filles, à quatre personnages. Le valet du seigneur dit à la jeune villageoise qui repousse les propositions qu’il vient lui faire de la part de son maître: