Il n’y a pas de bien acquis d’une plus belle manière que celui qui nous est donné.

Jamais un don ne vaut autant qu’au moment où l’on désire l’obtenir.

Ce proverbe a été employé par le troubadour Savary de Mauléon qui en est peut-être l’inventeur.

DONNER.Qui tôt donne, deux fois donne.

Traduction littérale de cette pensée de Sénèque: Bis dat qui cito dat. «La règle de la vraie bienfaisance, dit ce philosophe, est de donner comme nous voudrions recevoir, de bon cœur, promptement et sans hésiter. Un bienfait n’est pas agréable quand le bienfaiteur le garde trop longtemps dans ses mains, qu’il ne le lâche qu’avec peine, et comme s’il se l’arrachait. Après le refus, rien de plus dur que l’irrésolution. Elle manque à coup sûr la reconnaissance. En effet, le principal mérite du bienfait consistant dans la bienveillance, témoigner par ses délais qu’on oblige à contre-cœur, ce n’est pas donner, c’est mal défendre ce qu’on donne.»

On perd la grâce et le mérite d’un don quand on ne l’accorde pas le plus tôt qu’on peut. Un don qui se fait trop attendre, est gâté quand il arrive.

«Ne dites point à votre ami qui vous demande quelque chose: Allez et revenez, je vous le donnerai demain, lorsque vous pouvez le lui donner à l’heure même.» (Proverbe de Salomon.)

Si devant servir aujourd’hui ton prochain, tu attends à demain, fais pénitence. (Zend-Avesta de Zoroastre.)

On ne donne rien pour rien.

On ne donne que pour recevoir. Les présents qu’on fait ne sont que les arrhes de ceux qu’on attend.—Ce n’est pas là donner, dit Pline le jeune, c’est avec des présents trompeurs qui cachent l’hameçon et la glu dérober le bien d’autrui, Viscatis humatisque muneribus non sua promere sed aliena corripere. (Epist. 30, lib. IX.)