Le sage qui se trouve en compagnie des fous ne doit pas afficher un rigorisme déplacé, parce qu’il ne peut lui revenir rien de bon d’une pareille conduite.

La raison même a tort quand elle ne plaît pas. (Lachaussée.)

Il y a de la folie à vouloir se montrer sage tout seul, et de la sagesse à savoir à propos contrefaire le fou.

J’ai toujours vu, dit Montesquieu, que, pour réussir dans le monde, il faut avoir l’air fou et être sage.

Un fou avise un sage.

«Tous les jours, la sotte contenance d’un autre m’avertit et m’avise... Ce temps n’est propre qu’à nous amender à reculons, par disconvenance plus que par convenance, par différence que par accord. Étant peu appris par les bons exemples, je me sers des mauvais, desquels la leçon est ordinaire.» (Montaigne, Ess., liv. III, ch. 8.)

On demandait à Lokman de quels maîtres il avait appris la sagesse, il répondit: De ceux qui ne la pratiquaient point.

Les poisons, disait Confucius, deviennent des antidotes entre les mains d’un médecin habile: il en est de même des mauvais exemples pour le sage.

C’est d’après ce principe, inhumainement appliqué, que les magistrats de Lacédémone fesaient enivrer un ilote qu’ils offraient en spectacle à leurs concitoyens, pour leur inspirer l’horreur de l’ivrognerie.

Les fous sont plus utiles aux sages que les sages aux fous.